L’homme qui avance et recule.

Un chemin au printemps, dans un champ abandonné. Un homme d’un certain âge fait péniblement quelques pas, s’arrête, en fait d’autres à reculons, repart, ainsi de suite. Ses poches sont pleines d’objets. Quand l’angoisse le prend, il les compte et recompte. Il a souvent un regard inquiet vers le ciel.
Depuis son accident, il ne parle plus qu’à haute voix, au-dedans c’est le silence. Ce qu’il voit, ressent et se souvient, épouse sa marche balbutiante et fait entendre le vibrato de sa voix : tréfonds de son âme.
Don Quichotte immobile, il étreint de sa folie cocasse, le monde alentours que lui impose sa marche incertaine.