Vive Pétain ! Vive de Gaulle !

26 avril 1944, place de l’Hôtel de Ville à Paris : la foule acclame le maréchal Pétain, venu
prononcer des mots rassurants après le bombardement du nord de Paris par les alliés. Dans
l’appartement cossu qui donne sur la place, un vieux couple de retraités, Louis et Jeanne Baret,
sont témoins de l’événement. Louis, professeur d’histoire à la retraite, blessé de 14-18, révolté
par cette présence, ne doute pas de la défaite de l’armée allemande. Jeanne, n’en n’est pas si
certaine.

Ce même jour arrive Paul Marot, leur neveu, venu se réfugier chez eux pour faits de
résistance. Il se définit comme fou irrationnel, résistant. Il est toujours accompagné de sa
boule de cristal avec laquelle il lit les événements à venir de la guerre. Parmi ceux-ci :
l’arrivée à Paris des chars des républicains espagnols, premiers libérateurs de Paris, le lâchage
par Londres de résistants de l’intérieur, la fureur de de Gaulle contre la résistance communiste
lors de la reddition du général von Choltitz, la défense du bunker d’Hitler par des soldats
français de la 33ème division Charlemagne, portant l’uniforme allemand.

25 août 1944, même appartement, même balcon : cette fois ce sont les alliés et de Gaulle que
la foule acclame, avec les mêmes vivats, la même ferveur. Louis et Jeanne Baret s’apprêtent à
le quitter. Le mari a appris par sa femme que cet appartement a été spolié à une famille de
confession juive qui a été déportée. La petite Aube qui l’a bien connue raconte à Louis
quelques souvenirs : la bar-mitzvah du petit frère, les chansons yiddish, celles de Fréhel et de
Piaf qu’ils chantaient ensemble, les cours de dessin que la mère lui donnait etc….